De bourg agricole à village international

Puisant ses racines dans le Moyen-Âge, Fourqueux a traversé les siècles sous le signe de la chasse et de la vigne puis des récoltes maraîchères et fruitières. À partir de la deuxième moitié du XXe siècle, elle connaît une profonde métamorphose, passant du statut de bourg agricole à celui de village international. Une mutation qu’elle poursuit aujourd’hui pour entrer pleinement dans la modernité.

Traversée par des sentes bucoliques et des lignes forestières ombragées qui desservaient jadis des terres agricoles, elle propose aujourd’hui des circuits pédestres à la découverte de la campagne et de la forêt ou des terres des anciennes chasses royales.
Le jardin des Eaux reliant le quartier ancien de l’église avec de la place de la Grille a été créé en 2016. Véritable prouesse technologique, ce jardin situé le long de la rue de Saint-Nom, permet la récupération, le stockage, l'infiltration et le rejet en milieu naturel des eaux de pluie et des eaux de source. Il a d’ailleurs reçu le prix de l’Innovation.

Le blason
"D’azur à trois fasces, accompagnées en chef d’un croissant et en pointe de trois étoiles, le tout d’or”, il provient du blason de la famille Bouvard.


Au fil des siècles

  • VII-XIVe siècle

Des traces de civilisation de l’époque néolithique ont été retrouvées : silex taillés, pierres polies, une hache du type de Saint Achène (laquelle se trouve au musée d’Archéologie national).
C’est au Moyen-Âge que le territoire de Fourqueux commence à prendre forme. Il s’agit alors d’une zone forestière recouverte de taillis et de fougères. La dénomination « Fourqueux » procède du nom « fougère », dont la racine latine est filcusas. Au XIIe siècle, ses terres sont appelées Fulcosium, puis Fulcosa au XIIIe siècle ; elles appartiennent au Seigneur Barthélémy de Fulcosa et resteront dans la famille jusqu’en 1289.

  • XVIe siècle

Le hameau s'appelle Forquensa au XVe siècle puis Fourqueusa et Fourqueus, avant de prendre son nom actuel au XVIe siècle.
L’église de Fourqueux, propriété de Philippe d’Aulnoy, du sire de Baudricourt puis, à partir de 1457, de la famille de Montmirail, elle est vendue, en 1539, à Pierre Séguier (1504-1580), président du parlement de Paris.

  • XVII-XVIIIe siècle

Pierre Séguier, devenu garde des Sceaux du cardinal de Richelieu, cède le domaine au roi Louis XIII le 22 juin 1633, lequel en fait don à son médecin, Charles Bouvard. Ses descendants, les Bouvard de Fourqueux en conservent la propriété jusqu'à la Révolution. En 1733, la famille Bouvard obtient la mise à disposition de la chapelle de la Vierge, située église Sainte-Croix, sous laquelle elle fait creuser une crypte qui servira de caveau familial.

  • XIX-XXe siècle

Le dernier seigneur de Fourqueux est le comte Raymond de Monteynard. En 1841, anéanti par la mort de son épouse Robertine, il demande à son régisseur de faire raser le château, d’abattre tous les arbres et de vendre le domaine.


En 1889, l’horloger Armand Collin le rachète pour y faire construire la fameuse « Villa Collin », conçue par l’architecte Joseph Auguste Émile Vaudremer. La fille d’Armand Collin épouse Charles Marret. Leurs descendants en cèdent une partie, laquelle est aujourd’hui propriété du golf. Le long de certains parcours, il est encore possible de trouver quelques pierres de taille sculptées, seuls vestiges, avec les communs, de l’ancienne demeure des châtelains de Fourqueux. En 1803, la maison est acquise par la famille Marret.
De mars à septembre 1836, Victor Hugo et sa famille louent la maison, située rue de Saint-Nom. La fille du poète, Léopoldine, fait sa communion dans l’église de Fourqueux le 8 septembre 1836. Pendant cette période, plusieurs personnalités de l’époque (Alexandre Dumas, Auguste de Chatillon, Théophile Gautier…)  viennent à Fourqueux rencontrer l’écrivain.

  • XXIe siècle

1er janvier 2019 : Création de la commune nouvelle de Saint Germain-en-Laye par la fusion avec Fourqueux. Pour plus d'informations, consultez la page dédiée.

Patrimoine & curiosités

  • Église Sainte-Croix : Classée Monument historique en 1946, elle est bâtie à la fin du XIIe siècle, sans doute sur l’emplacement de la première église de Fourqueux. Digne représentante de l’art gothique primitif, elle doit son nom à Saint Louis et Blanche de Castille, qui contribuent à sa réédification en raison du culte qu’ils vouaient à la sainte Croix, dont Saint Louis rapporta des fragments en 1239. La légende veut que Jeanne d'Arc y soit venue pour prier.
Ancienne carte postale de la Villa Colin
Ancienne carte postale de la Villa Colin
  • Villa Collin : villa pittoresque, caractérisée par sa tourelle et son jardin d’hiver, édifiée en 1892 par l’architecte Vaudremer à l’emplacement de l’ancien château de Fourqueux. Elle emprunte son nom à son premier propriétaire, Armand Collin, célèbre orfèvre et horloger, fournisseur officiel de la famille impériale et entrepreneur favori de la ville de Paris. Depuis 1998, elle est inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques en raison de sa qualité architecturale, de son mobilier et de l’excellente conservation de l’ensemble. Elle est un parfait exemple de l’architecture dite régionaliste.
  • Maison Victor-Hugo : La demeure, située 39 rue de Saint-Nom, est connue pour avoir hébergé la famille de Victor Hugo le temps d’un été en 1836. Construite au XVIIIe siècle, elle est rachetée au début du XIXe siècle par la famille Marret. Dès 1918, le peintre Henri Marret y installe son atelier. Il paraît que c’est entre ses murs que Victor Hugo et Alexandre Dumas se sont réconciliés, après avoir été brouillés pendant plusieurs années.
  • Œuvres d’Henri Marret : « Meilleur illustrateur de murailles de son temps » selon le peintre Maurice Denis, Henri Marret (1878-1964) est reconnu comme l’un des fresquistes les plus représentatifs de son époque. Compositeur de nombreux chemins de croix monumentaux, il compte parmi les rénovateurs de la peinture religieuse moderne. Installé à Fourqueux dès 1918 (dans la maison Victor-Hugo, propriété de sa famille), il devient une figure incontournable du village, dont il fut maire de 1937 à 1944. Plusieurs de ses œuvres sont conservées à la mairie déléguée de Fourqueux et à l’église de la Sainte-Croix.