Description
À l’heure de la rentrée, ce n’est pas sans une certaine nostalgie quele musée ouvre cette nouvelle saison des oeuvres du mois avec uneaquarelle de Paul Vera qui évoque l’insouciance des vacances.
Quelmeilleur artiste en effet que Paul Vera pour débuter une nouvelle
sélection d’oeuvres autour du thème de la nature. Sa source d’inspiration
constante et son sujet de prédilection, la nature est indissociable
de l’oeuvre de Vera. Le peintre y puise les couleurs intenses, la
lumière enveloppante, le foisonnement des formes, la plénitude des
sens.
Quatre jeunes femmes forment une ronde joyeuse dans une clairière,
évocation poétique de la ronde des saisons. Bouquets de fl eurs
dans les mains, deux enfants malicieux accompagnent la danse. Au
loin s’étirent des vergers, des champs labourés et des forêts. Typique
d’Île-de-France, un village aux toits en ardoise et en tuiles se
love dans un écrin de verdure. C’est une ode à la beauté de la nature
francilienne que compose Paul Vera, un éclatant hommage au nom
du paquebot auquel la composition est destinée, Île-de-France, fl euron
de la Compagnie Transatlantique.
Long de 241 mètres et capable d’embarquer 1 690 personnes et 800
membres d’équipage, Île-de-France sort des chantiers de Saint-Nazaire-
Penhoët en 1927 et effectue sa première traversée en juin.
Presque la moitié des passagers voyagent en première classe : ce
« palace flottant » est le symbole de l’art de vivre à la française et le
prolongement éclatant de l’exposition internationale des arts décoratifs
de 1925. Tous les grands noms de l’art déco sont présents :
Jacques-Émile Ruhlmann, Pierre Patout, les ateliers Martine de Paul
Poiret, Étienne Kohlmann, Jean Dupas, Maurice Motet, Erik Bagge
et, bien sûr, la Compagnie des Arts français d’André Mare, Louis
Süe et Paul Vera qui se charge notamment du grand salon. En plus
d’innombrables petits détails qui ornent le mobilier, Vera s’occupe
du grand panneau de la cabine de grand luxe. Il imagine une peinture
dont la palette claire et les lignes plastiques contrastent avec la
géométrie anguleuse et abstraite des panneaux muraux de Mare et
Süe, des marqueteries et des tapisseries des fauteuils. Les quatre
danseuses de Vera incarnent la légèreté des « années folles » qui
atteint son paroxysme à bord du paquebot où tout est fête, luxe et
émerveillement.
Le dessin préparatoire a été off ert par l’artiste à son ami, Paul Leclère
(1883-1969), poète et magistrat de la Cour des comptes travaillant
aux beaux-arts et à l’éducation nationale. En souvenir de leur amitié,
Leclère a légué au musée municipal les oeuvres de Paul Vera en sa
possession, dont cette esquisse et l’écran de cheminée Orphée actuellement
en prêt au château Borély de Marseille.

