Description
Retrouvez le discours d'Arnaud Pericard, Maire de Saint-Germain-en-Laye, prononcé à l'occasion de la cérémonie des vœux le samedi 17 janvier 2026.
Comme vous le savez, 2026 sera une année municipale à part, une année d’élections. En effet, dans quelques semaines, nos citoyens seront appelés aux urnes, afin de renouveler le Conseil municipal et élire leur maire.
Pour cette raison, la cérémonie des vœux de cette année revêt une teneur particulière puisque la loi ne m’autorise pas à évoquer les nombreuses réalisations achevées et ne me permet pas non plus d’évoquer les projets à venir.
C’est donc un moment suspendu, en quelque sorte, qui m’a conduit à faire confiance à l’inspiration, à celle de mes équipes, pour imaginer un parcours dans la ville, dans ses rues, ses places et ses parcs, que je parcours depuis plusieurs années maintenant à votre rencontre.
Je me suis ainsi placé, modestement, dans les pas de Gérard de Nerval, qui a grandi à Saint-Germain-en-Laye. La ville et son château ont inspiré une grande partie de son œuvre, notamment son recueil Promenades et souvenirs (1854), dans lequel il raconte son enfance saint-germanoise.
En flânant pour prendre l’air dans le parc du château, une sensation de quiétude s’impose, ce calme du parc et des grands espaces qui fait tant défaut à la métropole toute proche. Appuyé à la balustrade, tourné vers l’est, mon regard embrasse les Hauts-de-Seine et les Yvelines.
Des allées arborées de la Ville du Vésinet, qui célébrait l’an dernier le cent cinquantième anniversaire de sa fondation, semble monter une mélodie familière, aussi claire et vibrante que celle que nous venons d’entendre : Carmen, cet opéra composé en 1875 par un de ses plus illustres habitants,Georges Bizet.
Alors, je mesure combien Saint-Germain semble apaisée, légèrement en retrait du tumulte de Paris et de sa petite couronne. C’est l’esprit de Saint-Germain qui flotte dans l’air.
Tourné vers le parc, où se promenaient quelques passants du dimanche et où couraient des enfants joyeux, je me suis vraiment senti à la maison, porté par le calme environnant.
En levant les yeux, le grand bassin et le château m’ont rappelé le passé de la ville et son inscription durable dans l’Histoire de France. Tout comme Gérard de Nerval, “j’ai toujours aimé ce château bizarre…” et majestueusement sobre!
Dans la pierre, dans les perspectives dessinées jadis pour les rois, on lit encore la trace des siècles, comme si chaque façade, chaque terrasse, chaque alignement d’arbres venait murmurer une page de notre histoire commune. J’ai pensé au mariage de François Ier et de la Reine Margot, j’ai rêvé assister aux premiers pas de Louis XIV, voir Richelieu fonder la Marine nationale en ce château, il y a exactement quatre siècles de cela.
Mais la mémoire ne fige pas la ville dans le temps passé. Elle se prolonge et embrasse la modernité du XXIè siècle.
J’ai ainsi poursuivi mon voyage à bord du T13, vers la forêt, ce véritable poumon vert propice à la déconnexion, à la promenade, à la contemplation comme à l’effort.
Là, au stade Georges-Lefèvre, les joueurs et joueuses de tennis, de padel, de hockey, de beach volley, de football, les athlètes et les archets, illustrent une ville qui fait du sport un langage partagé.
Tout proche, les rugbymen du Stade Français Paris inspirent toutes les générations au dépassement de soi et à la persévérance.
Au camp des Loges, la base militaire, premier employeur de la ville, accueille des femmes et des hommes qui s’engagent pour leurs concitoyens et leur pays. L’exigence, mais également l’altruisme et la fraternité, sont autant de préceptes sur lesquels chacun doit s'appuyer.
Avec la forêt en toile de fond, l’engagement devient un plaisir collectif, un apprentissage de soi et des autres. Sur ces terrains, la ville se transforme en un espace d’expériences : on y apprend l’effort, le respect, l’esprit d’équipe, le partage de la citoyenneté, des valeurs fondatrices tellement nécessaires dans le monde déstructuré et instable qui nous entoure.
En longeant la ligne jusqu’à l’éco-quartier de la Lisière Pereire, on découvre un véritable « laboratoire » urbain, où se cherchent et s’inventent de nouvelles façons d’habiter, de circuler, de végétaliser l’espace. Ce quartier illustre une ville qui assume d’embrasser la modernité, tout en la mettant au service de la qualité de vie et des équilibres urbains.
Arrêt suivant : Fourqueux / Bel-Air, preuve que désormais toute la ville de Saint-Germain-en-Laye est connectée et accessible en tram, quel que soit le quartier où l’on vit.
En passant par la rue de l’Aurore et son nouveau marché, la rencontre avec les commerçants et artisans donne à voir un tissu économique vivant, où chaque échange nous montre des visages, des histoires, des savoir-faire, et des solidarités du quotidien.
A deux pas d’ici, près de l’hôpital, j’aperçois le nouveau quartier naissant du Cœur des Sources qui surgit peu à peu de terre. Un nouveau pôle de vie autour d’un grand parc paysager et d’équipements publics culturels, sportifs et éducatifs, qui rappellent aussi qu’à Saint-Germain-en-Laye, la jeunesse n’est pas un mot abstrait mais une présence concrète et dynamisante.
L’ouverture prochaine d’un groupe scolaire dans ce secteur, en remplacement de l’école primaire Marcel-Aymé Les Sources, s’inscrit dans une trame éducative dense. En proposant un parcours complet, allant du primaire à l’enseignement supérieur, notre commune constitue un véritable territoire d’apprentissage.
Ville éducative, SaintGermain accueille des enfants, des adolescents, des étudiants, et fait dialoguer les savoirs académiques avec la vie de la cité, les expériences associatives et sportives, la culture et les engagements citoyens. C’est tout un écosystème qui se tisse : écoles, établissements supérieurs, lieux de culture et d’animation, offrant à chacun les moyens de grandir, de se former, de trouver sa place.
Ma promenade s’achève au Cœur de Ville, là où se croisent toutes les générations et où se mêlent tant de langues, d’accents – au fil des conversations et des pas. En déambulant dans nos rues, je suis toujours marqué par ce multilinguisme qui fait partie intégrante de notre cité et qui en fait également sa richesse.
Notre ville accueille chaque jour des élèves venus du monde entier au sein du Lycée international, fondé par le général Eisenhower en 1952. Avec nos établissements de formation supérieure, Saint-Germain-en-Laye reçoit de nombreux étudiants internationaux. Ces établissements participent pleinement à l’enrichissement de la ville, dans la rencontre avec l’autre.
Nous entretenons également de forts liens d’amitié avec nos villes jumelles. Qu’elles soient situées en Allemagne, en Ecosse, en Pologne, ou encore aux Etats-Unis, elles sont une preuve supplémentaire de l’identité internationale de Saint-Germain-en-Laye.
Saint-Germain-en-Laye apparaît alors sous une lumière cosmopolite, ouverte à l’autre, une ville-monde, une subtile alliance à taille humaine entre tradition et modernité, une ville-repère, simple, harmonieuse dans laquelle, que l’on y travaille,que l’on y déambule en touriste ou que l’on y vive, tout le monde se sent bien et à l’abri des turbulences extérieures.
Nos commerces témoignent du dynamisme et de la vitalité de l’économie locale, de cette capacité à conjuguer tradition française et regards vers l’avenir.
Nos commerces font une grande part de l’esprit de Saint-Germain.
Ils ne datent pas d’hier. En effet, c’est en 1526 que François Ier fonde le marché et la foire de Saint-Germain. Nous sommes, sur ce sujet, les héritiers de 500 ans d’histoire, que nous tenons à perpétuer.
Et encore aujourd’hui, se rendre au marché est un plaisir simple, une occasion de sortir en famille, d’admirer les étals et de profiter d’un art de vivre à la française.
En prenant le temps de s’arrêter pour l’apprécier, nous pouvons ainsi voir que notre ville est une référence culturelle qu’il nous faut préserver.
Au terme de cette belle promenade, je regrette de ne pouvoir en dire plus sur Saint-Germain-en-Laye DEMAIN.
Chaque chose en son temps et c’est très bien ainsi.
Ce que je retiens de cette balade nervalienne partagée avec vous, c’est que Saint-Germain, c’est d’abord un état d’esprit, un art de vivre, une certaine idée d’être ensemble, une villefière de son passé, soucieuse du présent et tournée vers l’avenir.
Mais je ne peux terminer cette cérémonie sans dire quelques mots à notre invité de marque, l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire d’Ukraine en France.
Monsieur l’Ambassadeur, au moment où se joue le destin de votre nation, je formule le vœu que 2026 apporte enfin la paix,le réconfort et le renouveau au courageux peuple ukrainien, qui lutte depuis quatre ans pour son indépendance et une certaine idée de la liberté. La France se tient à vos côtés. Saint-Germain se tient à vos côtés en accueillant de nombreuses familles ukrainiennes. Dans l’adversité et la souffrance, sachez que vous pouvez compter sur notre ville. Je mesure combien cette cérémonie peut paraître décalée pour vous, dont les
préoccupations sont d’une tout autre ampleur.Je vous souhaite ainsi qu’à tous les citoyens ukrainiens et ukrainiennes, où qu’ils soient, le meilleur pour 2026.
Enfin, je souhaite particulièrement remercier les élus pour leur investissement tout au long de ce mandat. Ils sont tous habités par la même sincérité dans leur action et dans leur engagement de chaque jour au service de notre ville. Un mandat, c’est une aventure humaine et collective : c’est long, parfois éprouvant,fait de satisfactions, de frustrations, de critiques aussi, mais
c’est une aventure que nous avons vécue ensemble, majorité et opposition, sur les bancs de ce Conseil municipal.Dans les prochains mois, certains d’entre vous quitteront cet hémicycle. Ils se sont battus pour leurs convictions, ont animé la démocratie locale, et ont toujours cherché à prendre les meilleures décisions pour les Saint-Germanoises et les Saint-Germanois.
Je souhaite adresser un remerciement particulier aux élus de la majorité pour leur investissement de chaque instant tout au long de ce mandat. Tout ce que nous avons pu accomplir, nous l’avons réalisé parce que nous partageons la même passion exigeante pour SaintGermainenLaye et la volonté de préparer son avenir.
Merci à chacune et à chacun d’entre vous pour le travail accompli, pour le temps consacré, pour l’énergie donnée à notre commune et à ses habitants.
Chers concitoyens, chers amis, chers collègues, je vous adresse mes vœux les plus sincères pour une nouvelle année riche d’initiatives, de réussites et de joies partagées.
Fiers de notre territoire,
Fiers de notre pays,
Vive la République,
Vive la France !
